LE VRAI ROSWELL

septembre 09, 2022

LE VRAI ROSWELL

Ce nom résonne comme un canular, comme une des pires caricatures du complotisme. Les petits hommes verts se seraient pris les pieds dans le tapis, dans le désert du Nouveau Mexique? Roswell, ou la fumée sans feu.

 

UN FIL ROUGE: LE NUCLÉAIRE

Les dossiers ufologiques sont remplis de témoignages fiables d’apparitions d’Objets Volants Non Identifiés aux environs proches de sites nucléaires, civils ou militaires.

Par ailleurs, la première bombe atomique de l’histoire a explosé dans le désert du Nouveau Mexique, près d’Alamogordo, aux États Unis, le 16 juillet 1945. Ce fut à 160 km au Sud-Ouest de Roswell.

 

 

C’est également dans cette région, entre Roswell et White Sands, que se situaient des bases militaires dédiées aux expériences sur les fusées et le nucléaire. C’est notamment sur la base de White Sands que plus d’une centaine de savants allemands, ramenés par les États Unis après la seconde guerre mondiale, la désormais fameuse opération “PaperClip”, travaillèrent à la conception de fusées sous la direction de l’un d’entre eux, le célèbre Wernher Von Braun.

 

 

Du côté de Roswell, se situe la base du 509 ème groupe de bombardiers de l’US Air Force, la seule force de frappe à capacité nucléaire au Monde à l’époque, en état d’alerte permanente et équipée de quinze armes atomiques prêtes à servir. 

 

 

C’est de là que sont parties les opérations de bombardements destinées à Hiroshima et Kokura (qui finalement sera remplacée par Nagasaki) en 1945.

 

RICOCHETS DE SOUCOUPES VOLANTES

Le mardi 24 juin 1947, Kenneth Arnold, homme d’affaire et aviateur, alors qu'il effectue un déplacement à bord de son avion privé entre Chealis et Yakima près du Mont Rainier, rapporte avoir vu des objets volants inhabituels. Arnold décrivit neuf objets aux formes étranges, arrondis à l'avant et triangulaires à l'arrière, et dotés d'une vitesse prodigieuse, paraissant faire des ricochets au dessus des nuages.

 

 

Ce qui le fit les comparer à des “soucoupes volantes”, selon ses propres termes. Cette expression, venant d’une personnalité on ne peut plus crédible à l’époque, est restée la vulgarisation de référence encore utilisée de nos jours.

 

 

En fait, 1947 fut une année particulièrement chargée en apparitions de “soucoupes volantes” en tous genres et un peu partout dans le monde.

 

ET LA FOUDRE TOMBA SUR ROSWELL

C’est ainsi que, le 2 juillet 1947 au soir, alors qu’un puissant orage éclata sur la région du Nouveau Mexique, du côté de Roswell, plusieurs témoins ont affirmé avoir entendu la foudre tomber cette nuit là avec, une fois en particulier, un bruit beaucoup plus fort que les autres.

 

 

Le lendemain matin, Mac Brazel, un rancher de la région, fit une étrange découverte en allant mener son bétail vers les pâturages, vers 120 km au Nord/Ouest de Roswell. Il se retrouva face à une étendue de débris bizarres d’environ 80 mètres de largeur sur 1 kilomètre de long. Après avoir rassemblé avec l'aide de sa femme et de ses deux enfants une boîte de débris accumulés, il la remit en main propre au shérif George Wilcox de Roswell. 

 

 

Celui-ci fit immédiatement appel à l’Armée en contactant le colonel William Blanchard, le commandant de l'Aérodrome de l'Armée de Roswell (RAAF), qui a immédiatement envoyé sur les lieux le major Jesse A. Marcel, l'officier du renseignement du groupe, qui lui-même invita l'officier du Corps de contre-espionnage Sheridan Cavitt à l’accompagner.  

 

 

Sur le chemin du retour, le major Jesse Marcel fit un détour par sa propre maison, a sorti quelques boîtes de débris qu'il avait jeté dans le coffre de sa voiture, les a montré et en a laissé quelques uns à son fils, Jesse Jr. L'un des objets avait des marques de type hiéroglyphique, quelque chose qui est resté gravé dans la mémoire du jeune garçon.

 

 

Le reste des débris furent apportés à la base militaire et sujets à toutes sortes d’examens et d’expériences comme des tentatives de cassures, de déchirures, de perçages, sans aucun résultat. Certains matériaux, même altérés, reprenaient immédiatement leur forme initiale peu après.

 

 

Sous les ordres du colonel Blanchard, le responsable de l'information publique de la RAAF, Walter Haut, a publié un communiqué de presse le 8 juillet: "Les nombreuses rumeurs concernant le disque volant sont devenues réalité hier lorsque le bureau de renseignement du 509th Groupe Bombardier de la Huitième Force Aérienne, Aérodrome de l'Armée de Roswell (Roswell Army Air Field), a eu la chance de prendre possession d'un disque grâce à la coopération d'un des éleveurs locaux et du bureau du shérif du comté de Chaves". Cela fut rapporté dans le Roswell Daily Record.

Mais tout aussi rapidement que l'excitation de la découverte s'est accélérée, l'armée a pris des mesures immédiates pour démystifier l'histoire. 

 

 

Le Général Roger Ramey prit le contrôle de la situation d’une main de fer. Le major Marcel reçut l'ordre d'apporter tous les débris en sa possession à la base aérienne de l'armée de Fort Worth au Texas où le Général Ramey l’attendait. Par conscience professionnelle, le Major Marcel récupéra également les objets donnés à son fils.

Le 9 juillet, alors que des scientifiques du gouvernement commencèrent à arriver à Roswell, Ramey a tenu une conférence de presse où il a déclaré qu'aucune "soucoupe volante" n'avait été trouvée et que la RAAF avait confondu un ballon météo standard avec quelque chose de plus mystérieux.


 

Des photos de presse furent prises avec Marcel, Ramey, le colonel Thomas DuBose (chef d'état-major de Ramey) et les prétendus débris de l’accident, des feuilles de papier d’aluminium et des bâtons de bois.

 

 

Il est important de préciser ici que dans cette région du Nouveau Mexique, intégrant un nombre particulièrement important de bases militaires, la population toute entière est très familière avec toutes sortes de ballons météo qui sont continuellement lâchés dans le ciel environnant…

 

 

Donc, plus tard, la rumeur officielle fut lancée selon laquelle le ballon était en fait un modèle spécial correspondant au projet “Mogul” de ballons de très haute altitude à but d’espionnage militaire. Mais le public averti n’adhéra pas plus à cette version.

 

 

Mais toute cette affaire fut ainsi archivée, jetée aux oubliettes…

 

LA FIN DE L'OMERTA 

Jusqu’à ce que… En 1978, plus de trente ans plus tard, Stanton Friedman, un ufologue américain, eu l’idée d’interviewer Jesse Marcel et le retrouva. Celui-ci, malade, sentant sa fin de vie approcher, ne se fit pas prier pour accepter l’invitation. Il libéra sa parole depuis tant d’années retenue par le devoir militaire. Il raconta tout, l’arrivé sur le site, la nature des débris, l’attitude des divers acteurs de l’évènement, et le rappel à l’ordre intraitable du Général Ramey précédant des années d’anxiété, de frustration et de milliers de questions restées sans réponse.

 

 

L’interview, diffusée dans le programme de télévision “In Search Of” (“À la recherche de”), eut un impact énorme et déclencha un intérêt soudain, planétaire, pour l’ufologie et l’affaire de Roswell en particulier.

Mais le plus important fut que les langues se mirent à se délier. On s’aperçut alors que des centaines de témoins de l’époque, civils et militaires, furent menacés de mort s’il parlaient par divers individus paraissant représenter les autorités militaires. Eux aussi commencèrent alors à parler.

 

DES CADAVRES PAS COMME LES AUTRES

L’un d’entre eux, un agent des Pompes Funèbres locales, Glenn Dennis, embaumeur de son état, a déclaré avoir reçu un appel téléphonique de l’officier mortuaire de la base aérienne de Roswell. Ce dernier lui demanda quels étaient les cercueils, pouvant être hermétiquement fermés, les plus petits en sa possession dans son service.

Dennis savait qu’ils en avaient déjà utilisé de tailles de 1,20m voir de 1,10m, mais ils n’en avait pas en stock, il fallait qu’il les commande pour le lendemain, si besoin. L’officier lui a alors demandé si les traitements qu’ils pratiquaient sur les corps avant la mise en bière, modifiaient la nature des tissus et des résidus sanguins. Dennis a répondu par l’affirmatif. Il proposa de se rendre sur place pour proposer ses services, mais l’officier enchainait question sur question. Il s’en suivi une longue conversation très technique sur les détails de la préparation des corps.

 

 

À la suite de l’entretient, Glen Dennis resta empli de curiosité. Et le hasard fit qu’il dut accompagner un militaire accidenté aux urgences de la base militaire quelques heures plus tard. Arrivé sur les lieux, il y régnait une activité anormalement intense. Il y avait trois ambulances près de l'entrée des urgences, chacune avec l'arrière ouvert et un MP (Policier Militaire) qui montait la garde. C'est alors que Dennis vit des amas de débris étranges dans au moins deux des ambulances. Certains de ces débris qu'il décrivit comme mesurant 50cm, ayant la forme de la moitié d'un canoë, et l'aspect d'un métal poli avec des tons bleus-violacés comme de l'acier chauffé à très haute température. Il y avait, selon lui, des sortes de hiéroglyphes incrustés dans la matière de ces sortes de pointes de canoës. 

Puis, il laissa le blessé être pris en charge, et c’est alors qu’il croisa une infirmière de l’Armée qu’il connaissait personnellement. Affolée, elle lui demanda ce qu’il faisait là et insista pour qu’il sorte rapidement de l’hôpital. Mais au moment de sortir, il fut interpelé par un officier qui lui demanda ce qu’il faisait dans les parages. Dennis lui expliqua, mais ne pu s’empêcher de demander ce qui se passait, s’il y avait eu un crash, où cela avait-il eu lieu. L’officier prit alors un air froid et menaçant, en déclarant: “Il n’y a eu aucun crash, vous foutez le camp d’ici, vous n’avez rien vu, et vous ne parlez à personne”.

Dennis a répondu qu’il était un civil et qu’il n’avait pas à lui donner d'ordres. Ce à quoi l’officier a rétorqué: “Non, mais quelqu’un pourrait retrouver vos os dans le sable du désert un de ces jours”. Un autre officier, venu appuyer son collègue ajouta: “Certains comme vous ont déjà fini en pâtée pour nos chiens”.

Plus tard, Glen Dennis retrouva son amie infirmière dans un restaurant. Elle était excessivement nerveuse. Il essaya de la calmer, et la questionna abondamment. "C'était quelque chose que personne n'avait jamais vu" déclara-t-elle. Elle lui décrivit en détail trois cadavres d’entités étrangères à ce monde, dont deux extrêmement détériorés.

 

 

Elle sortit alors un calepin sur lequel elle avait dessiné d'étranges figures avec de grands yeux noirs en forme d’amande. Elle en fit ensuite une description détaillée. Ils avaient des têtes plus larges que les humains; les mains étaient longues, sans pouces, avec quatre doigts longs et fins, sans aucun ongle mais avec le bout en forme de sorte de tampons ou plutôt de ventouses. La bouche ne comportait pas de lèvres mais était comme une sorte de fente. Il n'y avait pas de dents mais une protubérence ferme un peu comme du cartilage ou du cuir. À la place des oreilles se trouvaient seulement deux petits orifices, et pas de nez, mais à la place, deux petits orifices également. L'odeur était insoutenable, une odeur inconnue, le personnel sortait régulièrement pour aller vomir...

Elle était presque en état de choc en racontant tout cela.

Un mois plus tard, Glen Dennis aurait apprit que son amie infirmière était mystérieusement décédée, avec quelques unes de ses collègues, dans un crash d’avion. Le nom de l'infirmière reste encore inconnue, et Dennis aurait confié avoir juré de ne jamais révéler son identité...

 

NOUVELLE PRESSION DE LA CONSCIENCE COLLECTIVE

En 1995, alors que l’ufologie avait gagné un intérêt immense dans le monde entier, particulièrement grâce à l’explosion récente de l’usage d’Internet, nous nous approchions du cinquantième anniversaire de l’affaire de Roswell. Les forums, dont les discussions à l’époque étaient bien plus sérieuses qu’aujourd’hui, étaient en ébullition, et tous espéraient de nouvelles révélations de la part du gouvernement américain à l’occasion de cette anniversaire. 

C’est à la suite de cette période que fut habilement renforcé le FOIA, le Freedom Of Information Act (Loi sur la Liberté De l’Information), et par la même occasion les parties noircies sous lesquelles se trouvent les informations sensibles qui sont justement celle qui intéressent…

 

 

À partir de 1995 donc, les autorités lancèrent une campagne de désinformation renforcée composée d’une séquence avec en premier lieu l’histoire des mannequins de tests qui auraient été pris pour des êtres extraterrestres, alors que les tests en question avaient eu lieu en 1952 et que même un mal-voyant les aurait facilement reconnu.

 

 

Puis ce fut le fameux rapport officiel de milliers de pages qui n’apporta aucune nouvelle information intéressante.

 

 

Et enfin, le fameux film de l’autopsie d’un extraterrestre. Ce film fut diffusé simultanément dans le monde entier le 28 août 1995. Dans le monde entier simultanément, cela ne vous rappelle rien? Vraiment?…

Ray Santilli, un producteur londonien, en mal de reconnaissance et dont la maison de production avait des problèmes financiers, surgit de nul part avec un film en 16mm, qui aurait été tourné dans les années 40, transmis par un inconnu anonyme, et montrant une autopsie de ce qui parait être le cadavre d’un humanoïde étrange.

 

Autopsie extraterrestre

 

Il y a d’entrée trois éléments à relever ici.

Tout d’abord, Ray Santilli, dans ses interview, n’a jamais fait référence à Roswell, ce sont les médias qui commencèrent à coller l’étiquette.

Ensuite, tous les spécialistes de prise de vue pouvaient vérifier, dès les premières secondes du film, que les mouvements de caméra ainsi que l’attitude des “acteurs” présents n’étaient pas naturels.

 

Enfin, des spécialistes des maquillages et effets spéciaux d’Hollywood furent interviewés pour connaitre leurs avis sur les possibilités de créer de faux humanoïde tels que celui montré dans le film. Et bien entendu, ils affirmèrent que c’était trop bien fait pour être des faux…

Pourtant, tout le monde savait qu'ils étaient capables de bien mieux que cela, comme Alien ou bien d'autres films d'horreur par exemple. Mais tout a fini par être doucement révélé, ce qui provoqua, comme prévu, un phénomène d'assimilation ineffaçable et par là même la décrédibilisation des faits.

 

Mannequin extraterrestre

 

Mais le plus important c’est que tout cela n’avait rien à voir avec le vrai Roswell, seulement des sous-entendus. Pourtant la campagne de désinformation, dans sa globalité, fut bien réussie. Et encore aujourd’hui on peut entendre de la part du public non-averti des questions comme: “Et Roswell, c’était bien une arnaque, hein?”…

 

 

Cette histoire n'est pas terminée, le désert est un lieu vivant, qui recéle toujours des surprises.

Il y a quelques temps, le journal intime du Major Jesse Marcel aurait été rendu publique par les membres de sa famille. Son écriture y apparait extrêmement perturbée à partir du 4 juillet 1947, et des écrits incompréhensibles, certainement codifiés, attendent toujours d’être interprétés. Rien de surprenant de la part d’un officier de l’intelligence. En tous cas, rien de particulièrement intéressant y aurait été découvert jusqu’à présent…